Observatoire européen des drogues et des toxicomanies
Rapport annuel 2005: l'état du phénomène de la drogue en Europe
La cocaïne est devenue un élément essentiel du tableau de la drogue en Europe. Telle est l’une des constatations faites par l’Observatoire des drogues de l’UE (OEDT) dans le Rapport annuel 2005 sur l’état du phénomène de la drogue en Europe qu’il publie ce jour à Bruxelles. Les indicateurs de trafic et de consommation de cocaïne révèlent aujourd’hui une augmentation très forte des importations et de l’usage de la drogue. Il y a par ailleurs de plus en plus d’éléments relatifs à des problèmes de santé liés à la cocaïne.
Selon les estimations de l’OEDT, quelque 9 millions d’Européens (3% de l’ensemble de la population adulte) ont expérimenté la cocaïne. Entre 3 et 3,5 millions (1% de l’ensemble de la population adulte) sont supposés avoir essayé la drogue au cours de la dernière année, tandis qu’environ 1,5 million (0,5% de l’ensemble de la population adulte) sont classés dans la catégorie des utilisateurs actuels, c’est-à-dire ayant consommé au cours du dernier mois. Les jeunes adultes (15–34 ans), en particulier ceux de sexe masculin et ceux qui vivent dans les zones urbaines, sont les principaux consommateurs de la drogue.
L’usage de la cocaïne varie fortement d’un pays à l’autre, la plupart des enquêtes nationales estiment entre 1% et 11,6% le nombre de jeunes Européens qui ont essayé la drogue au moins une fois et entre 0,2% et 4,6% ceux qui l’ont utilisée au cours des douze derniers mois.
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Dans son Rapport annuel 2005 sur l’état du phénomène de la drogue en Europe, présenté aujourd’hui à Bruxelles, l’agence sur les drogues de l’UE (OEDT) attire l’attention sur le fait que le premier vecteur de diffusion du SIDA n’est plus l’usage de drogue par injection, mais la transmission par voie hétérosexuelle. Alors que jusqu’en 2001, la majorité des nouveaux cas de SIDA dans l’Union européenne étaient dus à une transmission du virus par injection de drogue, les derniers chiffres disponibles révèlent que les nouveaux cas sont aujourd’hui, dans leur majorité, imputables à la transmission hétérosexuelle (1).
Selon l’OEDT (2), la meilleure disponibilité de la thérapie antirétrovirale hautement active (HAART)* pour les usagers de drogues par voie intraveineuse (UDVI) séropositifs a largement contribué à cette évolution. Plus de 75% des personnes devant avoir recours à une thérapie HAART y ont aujourd’hui accès dans la plupart des pays d’Europe occidentale. Dans les États baltes, la disponibilité de cette thérapie reste faible. En Lettonie par exemple, les cas de SIDA ont considérablement augmenté ces dernières années parmi les UDVI déjà infectés par le VIH mettant en évidence la nécessité d’améliorer l’accès à la thérapie HAART (3).
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Figure DRD-8: Long term trend in acute drug-related deaths in the EU, 1985 to 2003
Le nombre total de patients suivant un traitement de substitution en Europe a désormais franchi la barre du demi-million, indique l’agence sur les drogues de l’UE (OEDT) dans son Rapport annuel 2005 sur l’état du phénomène de la drogue en Europe, présenté aujourd’hui à Bruxelles.
D’après l’OEDT, le nombre de patients recevant actuellement un traitement de substitution a été multiplié par sept durant la dernière décennie, pour atteindre au moins 530 000 patients dans 28 pays (UE-25, la Norvège, la Bulgarie et la Roumanie), que ce soit par l’intermédiaire de centres de traitement spécialisés ou de médecins généralistes. Il semblerait en outre que le quart, voire la moitié des personnes présentant des problèmes liés aux opiacés en Europe reçoive actuellement un traitement de ce genre.
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L’agence sur les drogues de l’Union européenne (UE) indique aujourd’hui dans son Rapport annuel 2005 sur l’état du phénomène de la drogue en Europe, que des préoccupations croissantes se font jour dans de nombreux pays européens autour de l’impact plus large de la consommation de drogues au sein de l’environnement dans lequel nous évoluons.
Dans un point spécifique relatif aux nuisances publiques liées à la drogue, l’OEDT met en évidence une nouvelle tendance des politiques de lutte contre la drogue à se concentrer non seulement sur la réduction de la consommation de drogues illicites, mais aussi à cibler les comportements liés à la toxicomanie qui ont un impact négatif sur la communauté dans son ensemble.
«Les comportements, situations et activités généralement couverts par le concept de “nuisances publiques liées à la drogue” existent depuis longtemps dans la plupart des États membres de l’UE, les pays candidats et la Norvège et ne constituent pas un phénomène nouveau», déclare l’OEDT. «Ce qui est nouveau en revanche est la tendance croissante parmi les décideurs politiques dans certains pays à regrouper ces phénomènes sous un concept générique à traiter dans le cadre des stratégies nationales antidrogue».
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Les infractions à la législation antidrogue auraient augmenté dans la majeure partie de 25 États membres de l’UE et en Norvège depuis la fin des années 1990, selon le Rapport annuel 2005 sur l’état du phénomène de la drogue en Europe présenté aujourd’hui à Bruxelles par l’agence sur les drogues de l’UE (OEDT) (1).
Cette tendance à la hausse observée dans 20 pays au cours de la période 1998–2003 est particulièrement marquée, souligne l’Observatoire, en Estonie et en Pologne, où les infractions liées à la drogue signalées ont respectivement décuplé et triplé (2). Toutefois, certains pays ont enregistré une diminution des signalements de telles infractions en 2003: il s’agit de la Belgique, de l’Espagne, de l’Italie, de Malte, de l’Autriche et de la Slovénie.
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Table DLO-1 part (i). Number of reports for drug law offences, 1995 to 2003